Françoise LunardiBiographe, animatrice d'ateliers d'écritureMembre agréé de l'Académie des écrivains publics de France

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La bosse de l'écriture

19/01/2022

La bosse de l'écriture

Qui se souvient de ses premiers mots tracés sur le papier ? Pas grand monde…

Et pourtant, nous savons tous combien il est important, ce geste d'écrire. Important parce qu'il permet de transcrire sur le papier nos leçons, nos souvenirs ou recettes de cuisine, important aussi quand il nous invite à inventer des histoires.

Munissez-vous d’un crayon et d’une page blanche. Comme au tout début, lorsque enfant, vous avez tenu un stylo pour la première fois. Si chacun se souvient de ses premiers exploits à bicyclette, il n’en va pas de même de l’écriture. La banalité du geste, sa facilité ne sont pas de ceux qui restent en mémoire. Et pourtant ? 
L’enfant forme d’abord des gribouillis de sa main malhabile. Si vous lui demandez ce qu’il fait, il vous dira qu’il écrit, mimant ainsi les gestes qu’il a observés. Ensuite vient le dessin, les crayons de couleur, les premiers bonhommes à grosse tête et corps atrophié. 
Avec l’école, l’enfant débute son apprentissage de l’écriture, il trace ses premiers bâtons sur les lignes d’un cahier, bientôt remplacés par les lettres et les chiffres. Tout se complique - ou pas - lorsqu’il faut écrire son prénom. Certains parents facétieux lui compliquent la tâche en attribuant, qui un prénom composé, qui des lettres compliquées à former. D’autres vont à la simplicité et les Léo, Noé ou Lou, auront plus de facilité à signer leurs première œuvres. 
Apprendre à écrire… derrière ces quelques mots, tout un monde. L’école nous apprend à tracer des caractères représentant une langue sur le papier. On transforme ainsi des sons en syllabes puis en mots, on assemble des phrases. Grâce à l’écriture, nous devenons aptes à transcrire des connaissances sur les pages de nos cahiers. Ecrire pour retenir, pour savoir, pour transmettre.
Mais le mot « écrire » ne se résume pas à cette seule définition. Dans sa seconde acception, il fait de nous des compositeurs posant sur le papier, non pas les notes de la gamme mais nos propres mots. Il nous permet d’assembler les mots pour en faire une histoire, un récit ou relater nos pensées. Ecrire, pour créer, pour inventer, pour raconter.
On en vient donc au paradoxe suivant : on peut donc savoir écrire – être capable de tracer des caractères - mais sans savoir écrire – inventer une histoire et la coucher sur le papier. Raymond Devos, maître de l’absurde, aurait apprécié.


Alors vous qui comptabilisez des heures le crayon à la main, des kilomètres de lignes noircies, vous qui avez la bosse de l’écriture sur le majeur, savez-vous écrire ?